Cyprès Cupressus Sempervirens 

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Quelles sont les caractéristiques du Cyprès ?

Dénomination latine :

  • Cupressus sempervirens 

Famille botanique :

  • Cupressaceae

Organe producteur :

  • Rameaux feuillus à galbules

Un peu d'histoire :

Le Cyprès a un caractère sacré : il fait partie de la trilogie biblique des bois sacré du Temple de Salomon (Cèdre, Cyprès, Santal). Il était utilisé pour les temples et tombeaux :

  • Symbole de mort et de résurrection, d'immortalité (Kyparissos de la mythologie grecque)
  • Symbole de transcendance
  • Symbole du "feu" régénérateur
  • Symbole d'imputrescibilité et d'incorruptibilité (pas agressé par l'extérieur)

La mythologie grecque dédie ce conifère à Kyparissos qui, inconsolable d'avoir tué par mégarde un cerf, se transforma en cyprès.

Le cyprès faisait partie de la matière médicale des anciens Egyptiens, comme en témoignent divers papyrus. Son bois jaune rougeâtre, pratiquement incorruptible, servait à fabriquer les sarcophages pour y conserver les momies.

Les Assyriens faisaient un usage médical du cyprès qu'ils donnaient "pour remédier aux démangeaisons du fondement", ce qui est, nous le savons aujourd'hui l'une de ses utilisations majeures, à savoir le traitement adjuvant contre les hémorroïdes ! Cet emploi est également recommandé en médecine grecque par Hippocrate (IVe siècle av. J.-C). Les vertus antihémorroïdaires sont également mentionnées au Moyen-Âge dans l'Arbolayre, le premier herbier de imprimé en France en 1486.

Les Anciens le dédiaient à Pluton, dieu de l'Empire des morts; d'où la coutume de le planter dans les cimetières.

Flèche d'Eros, Sceptre de Zeus, le cyprès est très présent dans la mythologie.

En Iran, selon la tradition, on taille une canne (dite canne de guérison) dans la 3e branche d'un cyprès, en partant du sol, pour y éloigner les maladies.

La tradition a souvent consacré cet arbre au culte des morts et à l'ornementation des cimetières en raison de son feuillage sombre et de sa couleur éternellement verte (semper virens). Une tablette d'argile de la région mésopotamienne d'Ur, datant de 2080 av. J.-C, parle d'une pommade d'huile parfumée de cyprès. Il est également représenté sur les plus anciens monuments consacrés à "l'art de guérir". 

Valnet (XXe siècle) la recommande dans les troubles circulatoires comme les varices et les hémorroïdes, les troubles ovariens comme dysménorrhées, les saignements des règles ou la ménopause, et les infections comme la coqueluche ou la grippe; ainsi que pour la transpiration des pieds.

Il y a quelques 4.000 ans, on employait l'huile extraite de ses feuilles et de ses cônes ou galbules contre tous les désordres du système veineux, en particulier les hémorroïdes, les varices, les troubles de la ménopause. À ces indications, Hippocrate au Vème siècle avant J.C. ajoutait les affections urinaires et Galien au IIème siècle après J.C., la diarrhée.

Au IIIème siècle après J.C., le philosophe chrétien Origène voyait dans le cyprès l'image des vertus spirituelles, la bonne odeur qu'il répand étant celle de la sainteté. Il s'agit là d'un symbolisme non seulement très ancien, mais universel. Les mêmes croyances se retrouvent en Chine et au Japon au sujet d'autres espèces, les Chamaecyparis (mot qui vient du grec et signifie cyprès bas, proche de la terre) des botanistes, qui ressemblent au cyprès et appartiennent comme lui à la famille des Cupressacées.

Dans la Chine ancienne, on attribuait aux graines de ces conifères le pouvoir de procurer la longévité, la combustion de ces mêmes graines aidait à détecter dans le sol les filons d'or et de jade, substances incorruptibles, donc immortelles. La résine des Chamaecyparis, si l'on s'en frottait les talons, permettait même, croyait-on de marcher sur les eaux, car elle rendait le corps extrêmement lèger. Au Japon, où il forme en montagne de magnifiques forêts, le hinoki est un arbre sacré. On le plante près des temples appartenant au culte shinto, l'antique religion autochtone, et son bois servait à édifier les sanctuaires les plus vénérés, ainsi que le palais de l'empereur, lui-même personnage divin.

« Qui n’a dans la mémoire ces paysages méditerranéens où le sombre cyprès dresse sur le bleu violent du ciel ses étroites colonnes endeuillées ? ». Cette fascination dont parle Fournier peut nous paraître comme faisant partie intégrante du paysage provençal. Pourtant, cet hôte si typique de la Mare nostrum n’en est pas originaire, de même qu’il n’est pas indigène en France.

Si on l’y voit, c’est parce qu’il a été apporté en Europe occidentale et mis en terre. Sans cela, Vincent Van Gogh n’aurait jamais pu réaliser la série arlésienne des cyprès, dont le fameux Nuit étoilée de mai 1889, dans lequel se blottit un petit village dont la flèche de l’église monte au ciel de même que la monumentale pointe sommitale de ce cyprès qui mange et obscurcit l’espace du côté gauche de la toile.

Avant d’embellir la Côte d’Azur et de jouer l’utile rôle de rempart face au vent et au sable, le cyprès prit racine en Asie mineure, où sa présence est consignée dans un vieux texte assyrien du XVI ème siècle avant J.-C. Au temps du roi Asir bel Nisêsu, Assyriens et Babyloniens attestent un emploi déjà fort ancien, puisque le cyprès était préconisé contre « les douleurs et démangeaisons du fondement ».

Eh oui, les Anciens étaient, bien sûr, eux aussi affublés d’hémorroïdes ! Si le cyprès a plutôt tendance à s’élever vers les cimes des cieux, il faut admettre qu’il y a 3500 ans, il fut invité à sonder ce qui se passe au fond de la culotte, et il ne s’est jamais départi de cette antique réputation depuis. Il s’agit donc d’une fidélité qui remonte fort loin. À Babylone, des tablettes d’argile portant des caractères cunéiformes (c’est-à-dire en forme de « clou » ou de « coin », du latin cuneus) relatent l’existence du cyprès qui fut, en compagnie du saule, l’une des principales plantes de la pharmacopée babylonienne.

Très anciennement naturalisé, on le retrouve sur deux îles méditerranéennes, la Crète et Chypre, amené là par les Phéniciens. De là, il essaime en Grèce et en Italie (avec quelques difficultés d’acclimatation d’après Pline), puis à l’ensemble du pourtour méditerranéen (Midi de la France, Espagne, Maroc, Égypte…), tout en suivant un chemin inversement dirigé vers le nord de l’Inde et la Chine.

En Grèce, le cyprès était tout à la fois un médicament et la matière permettant d’honorer les divinités. C’est ainsi que Pythagore le recommandait pour cette fonction avec le cèdre, le laurier, le myrte et le chêne. Plus prosaïquement, Hippocrate utilisait le bois de cet arbre contre les affections utérines, la chute du rectum avec hémorragie, les hémorroïdes et leurs séquelles (marisques).

Quand le malade n’était pas affecté par ces douloureuses pathologies, on lui ordonnait de se rendre dans un bois de cyprès afin que le pulmonique bénéficiât de ses saines exhalaisons. Un diffuseur atmosphérique géant et naturel, en somme.

Étrangement, l’on ne retrouve aucune des indications hippocratiques dans l’œuvre de Dioscoride. Il remarque la vertu diurétique du cyprès qu’il qualifie de remède urinaire, ainsi que son action sur la sphère respiratoire (oppression thoracique, dyspnée, asthme, toux, etc.), qui lui font employer les galbules concassés mis à macérer dans du vin. Les cônes du cyprès intervenaient aussi dans les désordres gastro-intestinaux (crachement de sang, diarrhée, flux de ventre, dysenterie). « Incorporés avec de la cire, mis sur l’estomac, le fortifient ». Ces galbules étant des drogues à tanin, ces préconisations sont tout à fait heureuses, de même que l’astringence couplée au pouvoir cicatrisant de ces cônes.

Pulvérisées ou simplement broyés, mêlés à des figues sèches ou à des graines de lupin, cuits dans du vinaigre, puis emplâtrés, ils convenaient aux tumeurs du type apostume, aux ulcères rampants, aux manifestations visibles du charbon, aux plaies, étant non seulement résolutifs, mais hémostatiques. Bien plus tard, Serenus Sammonicus se démarque très nettement de ce tableau thérapeutique, conseillant le cyprès en cas de douleurs vésicales, de goutte, d’affections aux parties génitales masculines, enfin « contre les ruptures, les douleurs et les contractions des nerfs ».

Passée sous silence par Hildegarde (elle ne conseille le cyprès que face à la diarrhée et pour amender le corps de sa faiblesse générale), la propriété anti-hémorroïdaire du cyprès réapparaît dans d’autres ouvrages majeurs du Moyen-Âge : le Circa instans, l’Hortus sanitatis, et surtout l’Arbolayre qui conseille une décoction aqueuse de feuilles et de galbules de cyprès contre les hémorroïdes fluentes. Ajouter de la poudre de cyprès dans les aliments est aussi très profitable contre cette affection, puisque « ce y vault moult ».

Ces indications médicales ne sauraient faire oublier le caractère sacré qu’eut le cyprès pour de nombreuses civilisations. Par exemple, qu’en Égypte il fasse partie des ingrédients rituels composant le kyphi, nous renseigne sur cette dimension. En Grèce, on comptait un certain nombre de bois sacrés composés de cyprès, à proximités des temples dédiés à différentes divinités : Apollon, Hermès, Rhéa, Laïs, Bellérophon, Asclépios, etc.

Mais c’est tout particulièrement en tant que symbole des divinités infernales ou « sombres » que le cyprès est connu. On cite parfois Chronos ou Beroth, déesse chthonienne chypriote, mais, par-dessus tout, c’est immanquablement Hadès chez les Grecs, Pluton chez les Romains, qui voit ses prêtres se couronner de rameaux de cyprès. Les poètes, pour beaucoup d’entre eux, rendent volontairement sinistres les lieux qu’occupe cette divinité du dessous : « C’est un chaos, ce sont des rochers hérissés de pierre ponce, qui n’aiment que le cyprès lugubre dressé tout autour. C’est au milieu de ce séjour que Pluton a élevé sa tête marquée par les flammes et la cendre blanche des bûchers ».

Pourtant, le cyprès n’était-il pas considéré en Perse comme l’arbre primitif du paradis des anciens Iraniens, arbre attribué à une divinité tout au contraire solaire comme Ormuzd ? Ces derniers « voyaient, dans la forme du cyprès, dont la pointe aiguë se dresse vers le ciel, le représentant végétal du feu générateur […] ; c’est pourquoi on le trouvait devant tous les temples consacrés au feu, dans la cour du palais royal, et au centre même des jardins de plaisance qui étaient censés reproduire, quoique faiblement, le souvenir du paradis perdu ».

De cela, le cyprès de Zoroastre d’Abarkouh, en Iran, vieux de près de 4500 ans, en est le témoin, et nous oblige à nous souvenir qu’aux temps des prophètes, l’on rendait un culte à ces cyprès remarquables par leur taille. De tels arbres étaient alors « l’emblème le plus auguste et le plus général de la divinité féminine dans un double rôle de génération et de mort ». Probable que le poète Horace n’a retenu du cyprès que cette dernière valeur. Pour lui, de même que pour Sénèque, il ne peut être autre chose qu’un arbre triste, puisqu’il sait – et n’accepte pas – que le cyprès lui survivra nécessairement.

Virgile n’est pas loin de penser de même, mais sans injecter dans ses paroles autant de mauvaise humeur que l’auteur des Odes mort à moins de 57 ans et qui, précisons-le, se fichait pas mal de l’« autre vie », n’entretenant que le regret de la perte de celle-ci, terrestre. Qu’il ait su qu’à Rome l’on plantait des cyprès à l’abord des tombes, qu’on le plaçait sur les bûchers et à la porte des maisons en deuil, a dû le crisper quelque peu : ce grand machin droit et tout noir, devant cet autre machin raide et blanchi à la cendre du Tartare !… 

Dès lors qu’on évoque le monde infernal, on ne peut passer à côté de la mort et de la tristesse qu’on lui a culturellement associée, symbolique dont le cyprès funéraire (mais pas forcément funeste, comme nous allons bientôt le découvrir) est porteur depuis des temps très anciens. Réagir à la manière de Virgile, d’Horace ou encore d’Ovide et de Shakespeare plus tard, c’est se fourvoyer sur l’identité du cyprès (qui n’a jamais demandé à être planté dans les cimetières) et n’en considérer qu’une facette.

Observons le fragment mythologique dans lequel prend pied Cyparissos de Kéos, qu’au temps d’Ovide l’on ne comprenait déjà presque plus. Ce jeune Crétois vivait avec un cerf apprivoisé qu’il blessa par mégarde avec un javelot. Inconsolable face à la mort de l’animal, désirant lui-même mourir à son tour, il fut métamorphosé en cyprès. Apollon s’adressa à l’homme devenu arbre en ces termes : « Moi, je te pleurerai toujours, toi, tu pleureras les autres et tu t’associeras à leur douleur ».

Si l’on s’arrête là… Mort, perte, tristesse, mélancolie. Voilà pourquoi le cyprès est, avec l’if et le lierre, un arbre funéraire hôte des cimetières, symbole du deuil et du chagrin. Mais si l’on va plus loin, au-delà… Cyparissos devait très certainement être un dieu-arbre dont l’animal sacré, le cerf, est le symbole de la renaissance perpétuelle de la vie (les bois de cerf, bien qu’ils chutent chaque année, repoussent toujours, et plus grands…). Unir, dans un seul mythe, deux emblèmes, l’un végétal, l’autre animal, possédant tous les deux une portée sémantique identique, n’est-ce pas une manière de rendre compte du fait que si le cyprès incarne l’idée de mortalité et de finitude, il est tout aussi porteur d’immortalité ?

De par sa verticalité, et son solide ancrage en terre, et même si plié par le vent il ne rompt pas, il représente pour les Chinois la passerelle permettant d’unir le Ciel et la Terre. C’est pourquoi on utilisera particulièrement l’huile essentielle de cyprès en tant qu’huile de transition et de séparation, afin d’adoucir les peines des personnes trop focalisées sur leur passé, qui sont incapable de se projeter en avant sans crainte, peureuses et inquiètes à l’idée que l’avenir, le fatum, leur réserve un mauvais tour. Une huile essentielle parfaite pour Horace !

Si le cyprès est qualifié d’arbre de vie, c’est en raison de sa pérennité et de son évident caractère semper virens. Cette persistance, cette durabilité à vouloir se montrer toujours vert, s’accompagne de l’imputrescibilité de son bois dont la résine le rend inattaquable par la vermine, ce qui explique que les Égyptiens, horrifiés par le ver, aient taillé des sarcophages dans du bois de cyprès, de même que les cercueils des dignitaires de bien des sociétés antiques (et jusqu’aux cercueils des papes : une longue tradition justifie l’emploi du bois de cyprès : Jean-Paul II n’y a pas dérogé lors de son décès survenu en 2005). Précisons que « comme tous les arbres phalliques, le cyprès est, tout à la fois, un symbole de génération, de la mort et de l’âme immortelle ».

Ce phallisme est indissociable des aspects symboliques que nous avons abordés jusqu’à présent : à Rome, ainsi qu’en Grèce et en Turquie, l’on plantait un cyprès à la naissance d’une fille, présageant par-là sa future dot, autre manière allégorique de lui souhaiter un mari. A son départ de la maison de ses parents, le cyprès était coupé. Peut-être propitiatoire, le cyprès est avant tout une figuration végétale du jeune homme, c’est plus précisément l’amoureux : alors que l’amoureuse est représentée par une rose en Orient, un narcisse en Crète, un arbre à sucre (un érable) en Russie, dans toutes ces régions son équivalent masculin est un cyprès, masculinité que l’on retrouve dans la flèche d’Éros et le sceptre de Zeus, qui étaient tout deux façonnés dans du bois de cyprès.

Il importe de relativiser et de ne pas faire parler les légendes et les croyances à tort et à travers. Par exemple, « en Sicile […], le jour des Morts, les enfants […] détachent aussi des branches de cyprès et de romarin, et rentrent joyeusement avec elles dans les maisons. Cette joie ne peut signifier autre chose que la vie bienheureuse des trépassés ». Planter un cyprès à la naissance d’une fille comme dot (on a fait de même du peuplier en Italie) ou à l’abord d’une maison procède de multiples intentions : assurer protection, adresser des souhaits de bienvenue, mais aussi fournir, quand le moment sera venu, le bois suffisant pour remplacer la poutre maîtresse de la maison quand l’ancienne viendra à rendre grâce. N’est-ce point pareil dans les cimetières ?

Outre que le cyprès offre son pouvoir protecteur aux défunts dans l’au-delà, l’on taille aussi dans son bois les quatre planches clouées entre elles pour former un cercueil. De ces arbres droits comme des i, l’on passe à la poutre et aux planches bien horizontales, l’homme transitant d’une position debout à la suivante, couchée : cela dessine un cycle perpétuel, celui de la naissance et de l’ensevelissement, celui de la création sans laquelle il n’existe pas de destruction.

Protecteur, le cyprès était sculpté par les Romains qui plaçaient des statues à l’effigie de Priape tout autour de leurs champs et de leurs jardins. De cette manière, le cyprès écartait les indésirables. Il joue le même rôle tout autour des cimetières, le Cupresso protège des âmes errantes, des feux follets et des démons, comme le rapporte Hildegarde de Bingen, dans son Physica : « Si quelqu’un est envoûté par le diable ou par la magie, prends de ce bois qui est au centre de cet arbre, creuse-le avec une tarière et recueille dans un vase de terre l’eau d’une source vive, en la faisant passer par ce trou du bois […]. Que cette eau lui soit donnée à boire, quand il est à jeun, neuf jours de suite, parce qu’il est tourmenté ou envoûté par le diable, par des fantômes ou par la magie, et il ira mieux ». Le bois de cyprès était donc considéré comme un talisman contre les entités démoniaques, puisque « le diable fuit avec dédain tout ce qui est vertueux, parce qu’il n’a lui même aucune vertu ».

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