Menthe Poivrée Mentha Piperita 

Résultats 1 - 10 sur 10
Résultats 1 - 10 sur 10.

Quelles sont les caractéristiques de la Menthe poivrée ?

Dénomination latine :

  • Mentha piperita

Famille botanique :

  • Lamiaceae

Organe producteur :

  • Parties aériennes

Mode d'action connu ou présumé :

  • Le menthol et l’huile essentielle de menthe possèdent une activité antiplasmidique considérable chez Escherichia coli
  • Le menthol et le menthone sont les deux principes actifs majoritaires de la menthe poivrée. Chez l’animal, ils ont une action antispasmodique sur les fibres musculaires de l’appareil digestif et respiratoire. Lorsque l’huile essentielle de menthe poivrée est appliquée sur la peau, elle provoque une sensation de froid qui semble diminuer la sensibilité des récepteurs de la douleur.

Formulations usuelles de la plante :

Un peu d'histoire :

Connue depuis l'Antiquité, elle fut décrite en 1696 pour la première fois, en Angleterre, et cultivée en Allemagne, puis en Hollande aux alentours de 1750.

La médecine grecque considère la menthe comme astringeante, échauffante et dessiccative. Dioscoride (Ier siècle) pense qu'elle incite à l'amour et Hippocrate qu'elle est anaphrodisiaque à long terme. La médecine arabe la recommande en infusion dans les digestions difficiles, contre les douleurs de l'estomac, les hoquets, les vomissements, le manque d'appétit, les accouchements difficiles et les affections de la poitrine, et en cataplasme contre les abcès et les hémorroïdes. Aux XIXe siècle, Cazin relate ses deux effets majeurs sur le système digestif et nerveux : elle stimule le système digestif, lutte contre les spasmes, l'hystérie, les tremblements, les coliques utérines, la dysménorrhée et l'insomnie des femmes enceintes. Elle est aussi utile dans les crises de choléra. En application locale, elle soulage les engorgements laiteux des seins et l'alcoolat s'emploie en friction contre les douleurs musculaires et rhumatismales. En bain de bouche, la décoction de feuilles apaise les douleurs gingivales.

Avant toute chose, se rappeler des paroles du moine poète Strabon : « Mais si quelqu’un peut énumérer au complet, les vertus, les espèces et les noms de la menthe, qu’il sache, c’est nécessaire, ou combien nagent de poissons dans la mer Rouge, ou combien Vulcain fait voler dans les airs d’étincelles jaillies des vastes fournaises de l’Etna. »

Des traces de la culture, du moins de l’emploi de la menthe, remontent à près de 4000 ans. En Égypte, à Edfou, la découverte de caractères hiéroglyphique sur les murs d’un temple nous a permis de savoir que les Égyptiens employaient la menthe dans la fabrication d’un certain nombre de parfums liturgiques. Alors consacrée à Horus, on l’a également retrouvée sous forme de débris dans différents tombeaux.

Présente chez les Assyriens et les Babyloniens, c’est sans surprise qu’on la rencontre chez les Grecs où elle soignait angines et maux de ventre. Si Hippocrate et Aristote la déclarent anaphrodisiaque, Dioscoride affirme, lui, le contraire : elle est échauffante et incite aux plaisirs de l’amour. Les trois hommes parlent-ils de la même plante ? Cette différence dans l’opinion qu’ils en ont peut-elle s’expliquer par des propriétés spécifiques à plusieurs végétaux ? Notons, au passage, le peu de distinctions botaniques faites par les Anciens.

On parle de menthe cultivée (menta), de menthe sauvage (mentastrum) et de pouliot (pulegium, lequel a le mieux résister aux sévices du temps car n’ayant alors pas été classé parmi les menthes, mais désigné comme une espèce à part). Ce sont elles que l’on retrouve presque à l’identique dans le Capitulaire de Villis : mentamentastrumsisymbrium

Pour comprendre d’où provient l’apparente dichotomie relatée par les Anciens à propos des qualités aphrodisiaques ou non de la menthe il faut plonger au cœur de la mythologie. Quand on évoque les divinités des panthéons grecs et romains, une structure de base se dégage assez souvent dès lors qu’on aborde le monde végétal : un dieu batifole avec une nymphe, son épouse la punie. C’est ce qui est arrivé à Myntha/Mynthe/Menta, une nymphe aimée/courtisée/surprise dans les bras de Hadès par Perséphone, son épouse. Cette dernière, de jalousie, transforma la jeune nymphe en pied de menthe, une plante sans graine, afin qu’elle ne puisse pas se reproduire. Parfois, il est dit que la menthe aurait été le produit de l’union charnelle d’Hadès et de Myntha que, de rage, Perséphone piétina. Haut en couleur, comme toujours.

Il est intéressant de constater que le conte mythologique affuble de stérilité la menthe. Cela est d’autant plus pertinent quand on sait que la menthe poivrée est un hybride. C’est ce qui explique le x que l’on trouve dans son nom latin, Mentha x piperita. Si la menthe mythologique ne se reproduit pas grâce à ses graines, elle s’hybride très facilement dans la nature (c’est ce qui rend, à juste titre, la botanique des menthes si complexe).

Aussi, ce que la menthe ne peut faire par la voie des airs, elle en bénéficie par voie souterraine à l’aide d’un astucieux système racinaire constitué de rhizomes traçants. C’est ainsi qu’elle se propage, à tel point parfois qu’il est très difficile de la déloger des endroits où elle élit domicile. D’où sa force et son invulnérabilité, caractéristiques soulignées par les piétinements vains de Perséphone.

La menthe poivrée condense la fraîcheur de Myntha et le côté poivré et masculin de Hadès qui, dit-on, trouva réconfort dans cette plante dont le parfum lui rappelait la nymphe dont il s’était épris. D’aucuns affirment que Perséphone opéra cette métamorphose afin que le parfum de la menthe dissimule l’odeur de brûlé que portait continuellement son mari… En cela, il est vrai qu’on a souvent qualifié la menthe du nom d’herbe à la mort, car on la faisait brûler dans les maisons mortuaires pour en chasser l’odeur des cadavres. Il est donc aussi question de persistance. Par exemple, dans certaines régions d’Italie, on fit de la menthe un gage de souvenir, sans doute par proximité entre menta et rammentare.

On a vu une similitude entre les mots menta et mentula. Ce dernier, dans le langage italien courant, désigne la verge de l’homme. On en revient donc à la qualité génésique de la menthe. Alors, cette menthe, est-elle vraiment aphrodisiaque ou non ? Nous l’avons dit, Hippocrate et Aristote pensaient que non, alors que Dioscoride qualifiait son hêduosmos d’aphrodisiaque. Pline l’ancien nous explique que, la menthe faisant cailler le lait, elle est à même, par analogie, de figer le sperme de l’homme dans ses conduits, et d’empêcher ainsi toute procréation.

Qu’elle fut plante de Vénus aurait dû le renseigner. En Rome impériale, on confectionnait des corona veneris (couronnes ou diadèmes de Vénus) composées de menthe. La tête de la mariée se devait d’en porter. On plaçait aussi des feuilles de menthe sur le sol de la chambre nuptiale afin d’encourager les époux dans leurs ardeurs amoureuses.

Venons-en maintenant, à propos de la menthe, à une équivoque de langage. La proximité entre les termes menta et mentula a pu faire dire que la menthe entretenait un rapport avec le verbe mentir. Menteuse comme la menthe, est-il dit. Comme il l’a fait avec tant de bassesse avec les animaux, il n’y a guère que l’homme pour projeter sur une plante l’ombre d’une caractéristique que n’appartient qu’à lui… Faire de la menthe une plante du mensonge, par simplicité orthographique, c’est osé et c’est, en soi, assez déraisonnable. Il est, selon toute apparence, aisé de faire une relation entre menthe et mentir. Ce dernier mot tire son origine de racines gréco-latines, alors que le mot menthe, provient d’une langue non indo-européenne. Aussi, raccorder cette charrette-ci avec ce cheval-là me semble quelque peu spécieux. 

Le Moyen-Âge, qu’on se rassure, n’aura pas retenu les pires indications de l’Antiquité à propos de la menthe. Dans son Physica, Hildegarde de Bingen mentionne quatre menthes différentes : la petite menthe, la grande menthe, la menthe d’eau et la menthe romaine. Difficile de savoir si, parmi ces quatre dénominations, se cache la menthe poivrée. Cependant, dans l’ensemble, Hildegarde note des qualités antitussives, expectorantes, mucolytiques et digestives. La menthe aurait aussi un pouvoir contre la folie. On a vite fait d’elle une panacée médiévale, comme la sauge, propre à faciliter le travail du cerveau et à éveiller l’esprit. Un peu plus tard, Matthiole affirmera à nouveau les qualités aphrodisiaques de la menthe, tandis que Lémery, fin observateur, indiquera que les menthes sont aptes à « fortifier le cerveau, le cœur, l’estomac ; elles chassent les vents, elles excitent l’appétit, elles aident à la respiration, elles tuent les vers… ».

En toute fin de XVII ème siècle, un Anglais du nom de John Ray est alerté à propos d’un spécimen particulier apparu au beau milieu d’un champ de menthe verte, près de Mitcham. Cette découverte ayant suscité sa curiosité, il entreprend de décrire cette « nouvelle » plante en 1696. Bien qu’estampillée Mentha x piperita par Linné en 1753, Ray lui donne, dès 1704, le nom de Mentha palustris afin de la différencier de ses consœurs. Il la considère comme bien supérieure par ses propriétés et effets que la plupart des autres menthes connues pour le traitement des troubles digestifs. Au milieu des années 1700, la culture de celle que l’on qualifiera désormais de menthe anglaise ou de peppermint se développe en Angleterre, mais aussi en Hollande et en Allemagne.

Cet individu est donc à l’origine des menthes poivrées que l’on cultive encore aujourd’hui en Angleterre (la variété rubescens Mitcham qui, comme son nom l’indique, possède des tiges rougeâtres et des inflorescences de couleur quasiment semblable) et en France (la variété pallescens aux fleurs blanchâtres). On la cultive aussi dans bien d’autres pays tels que la Chine, l’Égypte, l’Inde, l’Italie, les États-Unis, la Russie, le Japon… Et gageons d’avoir affaire, ici ou là, à des huiles essentielles de menthe poivrée assez dissemblables mais rappelant, les unes et les autres, l’antique conte mythologique.

Origine et usages de la Menthe poivrée :

Si l’on trouve trace de la menthe dès l’Égypte ancienne, son utilisation médicale est récente. Au XVIIe siècle, elle a fait l’objet d’une hybridation entre les trois menthes connues jusque-là (M. aquatica, M. longifolia et M. rotundifolia), donnant ainsi naissance à une espèce plus aromatique, Mentha x piperita. La menthe poivrée appartient à la famille des labiées.

On utilise ses feuilles séchées ou l'huile essentielle obtenue à partir des fleurs. Son huile essentielle a été très vite utilisée en friction sur les tempes pour soulager les maux de tête, ou en inhalation lors de rhume ou de toux. Aujourd'hui, ce sont surtout ses propriétés antispasmodiques (contre les spasmes) qui sont recherchées en cas de nausées, de ballonnements ou d'inflammation de l'intestin.

Quelques autres plantes antispasmodiques intestinales
La phytothérapie traditionnelle utilise également les plantes suivantes pour soulager les maux de ventre :

Ce qu'en pensent les autorités de santé

  • L’EMA

L’Agence européenne du médicament considère comme « médicalement bien établi » l’usage de l’huile essentielle de menthe poivrée pour « soulager les flatulences et les douleurs abdominales notamment lors d’intestin irritable ». Elle recommande d’en réserver l’usage aux adultes et aux enfants de plus de huit ans.

Elle considère également « médicalement bien établie » l’utilisation par application cutanée de l’huile essentielle de menthe poivrée pour « soulager les maux de tête » chez les adultes. L’EMA considère également comme « traditionnellement établi » l’usage de l’huile essentielle de menthe poivrée en inhalation « contre les toux et les rhumes, et par voie cutanée contre les douleurs musculaires et les petites démangeaisons cutanées ». L’utilisation locale est contre-indiquée chez les enfants de moins de deux ans et déconseillée jusqu’à l’âge de quatre ans.

Concernant les feuilles séchées de menthe poivrée, l’EMA considère comme « traditionnellement établi » leur usage pour soulager les symptômes des troubles digestifs, par exemple les digestions difficiles et les flatulences.

  • L’OMS

L’Organisation mondiale de la santé reconnaît que l’utilisation de l’huile essentielle de menthe poivrée est « scientifiquement établie dans le traitement du syndrome du côlon irritable, et dans les affections digestives comme les flatulences et les gastrites ; par voie externe, l’huile essentielle est efficace contre les douleurs musculaires et les maux de tête ». Les feuilles de menthe poivrée sont « traditionnellement utilisées dans le traitement symptomatique des troubles digestifs, des flatulences et des coliques intestinales ».

  • LA COMMISSION E

La Commission E du ministère de la Santé allemand reconnaît l’usage des feuilles et de la teinture de menthe poivrée dans « les crampes gastro-intestinales y compris celles de la vésicule et des voies biliaires ».

  • L’ESCOP

La Coopération scientifique européenne en phytothérapie reconnaît l’usage de la menthe poivrée dans « le traitement des symptômes de troubles digestifs tels que les flatulences, le syndrome de l’intestin irritable, ainsi que dans celui de la toux et du rhume ». Il reconnaît également son application locale pour soulager « les rhumes, les douleurs articulaires, les céphalées de tension et les symptômes d’irritation de la peau ».

  • LE NIH

Les Instituts nationaux de la santé américains considèrent que la menthe poivrée « pourrait être utile pour réduire les spasmes intestinaux pendant et après les endoscopies (examen du tube digestif à l’aide d’une sonde équipée d’une caméra) et pour réduire les symptômes du syndrome de l’intestin irritable », en insistant sur la nécessite d’études additionnelles avant de recommander formellement son usage.

 

Commander plus vite !

Commande rapide

Gagnez du temps, en utilisant le formulaire de commande rapide. En quelques clics, vous commandez facilement vos références préférées.

Formulaire de commande rapide

Les avantages Soin et Nature Nos garanties qualité et sécurité
Pharmaciens
experts
Données
cryptées
Paiement
sécurisé
Colis
suivi
A votre
écoute