Les triglycérides sont des lipides sanguins produits à partir des calories alimentaires que l'organisme ne consomme pas immédiatement. Stockés dans les cellules graisseuses, ils constituent une réserve énergétique mobilisable entre les repas. Un taux élevé favorise l'athérosclérose — durcissement et épaississement des parois artérielles — et augmente le risque de maladie cardiovasculaire, d'AVC et de pancréatite aiguë. Les valeurs de référence selon les recommandations HAS/ESC :
Une hypertriglycéridémie est souvent silencieuse et découverte lors d'un bilan lipidique systématique. Elle est fréquemment associée à une baisse du cholestérol HDL protecteur.
L'hypertriglycéridémie est le plus souvent multifactorielle :
Il est important de noter que l'hypertriglycéridémie fait souvent partie d'un syndrome métabolique plus large, associant obésité abdominale, résistance à l'insuline, hypertension et baisse du HDL. Traiter la cause sous-jacente est souvent plus efficace que de cibler uniquement les triglycérides.
Les interventions diététiques sont souvent suffisantes pour normaliser un taux modérément élevé :
Une perte de poids de 5 à 10 % du poids corporel réduit les triglycérides de 20 % en moyenne, indépendamment du régime alimentaire suivi. Cette réduction s'explique par la diminution de la résistance à l'insuline, qui est le principal moteur de la surproduction hépatique de triglycérides dans l'obésité. Fractionner les repas pour éviter les pics glycémiques postprandiaux contribue également à stabiliser les triglycérides.
Plusieurs compléments présentent une efficacité documentée :
Ces compléments s'inscrivent en soutien d'une modification du mode de vie, pas en remplacement.
Le stress chronique élève le cortisol et favorise les comportements à risque (alimentation sucrée, sédentarité, alcool) qui augmentent les triglycérides. À l'inverse, l'activité physique aérobie régulière (marche rapide, natation, vélo) est l'un des moyens les plus efficaces de les réduire : 150 minutes par semaine d'intensité modérée peuvent abaisser les triglycérides de 10 à 20 % sur plusieurs semaines, indépendamment de la perte de poids.
Une consultation s'impose si les triglycérides dépassent 200 mg/dL malgré des modifications alimentaires, si le taux est supérieur à 500 mg/dL (risque de pancréatite aiguë), ou en présence d'autres facteurs de risque cardiovasculaire associés (HTA, diabète, tabagisme). Le médecin pourra prescrire des fibrates ou des oméga-3 à haute dose sur ordonnance. Un suivi lipidique régulier reste nécessaire même après normalisation.