Les poux de tête (Pediculus humanus capitis) sont de petits insectes parasites de 2 à 3 mm vivant exclusivement sur le cuir chevelu humain, dont ils se nourrissent par piqûres microscopiques. Trois stades coexistent : adultes mobiles (couleur grise à brune), nymphes immatures, et lentes (œufs de 0,8 mm collés à la base du cheveu, blancs à beiges). Les symptômes incluent démangeaisons (réaction immunitaire qui peut tarder 4 à 6 semaines après l'infestation initiale), parfois lésions de grattage et impétiginisation secondaire. L'infestation touche surtout les enfants de 3 à 11 ans, sans rapport avec l'hygiène. Voir aussi le sous-cluster cuir chevelu.
Comprendre le cycle conditionne l'efficacité du traitement :
Le cycle complet (28 jours) impose une seconde application de pédiculicide à J7-J10 pour traiter les jeunes poux issus des lentes ayant survécu au premier traitement.
Plusieurs familles thérapeutiques sont disponibles. Les pédiculicides à base de diméticone (silicone) sont aujourd'hui recommandés en première intention par la HAS (Haute Autorité de Santé) car ils agissent par action mécanique (asphyxie) sans toxicité neurologique : Pouxit, Itax, Paranix Sensitive, Pranarôm Aromakids. Les pédiculicides neurotoxiques (perméthrine, malathion, pyréthrines naturelles) restent en seconde ligne : Para Plus, Para Spécial Poux. Bien suivre les durées de pose indiquées par le fabricant (5 à 30 minutes selon produits). Renouveler à J7-J10 systématiquement pour traiter les éclosions de lentes. En cas d'échec, alterner la famille thérapeutique. Pour les sujets allergiques ou sensibles, privilégier les formulations sans parfum.
Le peignage rigoureux est l'étape la plus efficace du traitement :
Le peignage doit durer 15 à 30 minutes minimum et être répété tous les 2-3 jours pendant 2 semaines.
L'environnement domestique mérite quelques mesures sans excès. Laver à 60 °C les vêtements, draps, taies d'oreiller, écharpes, bonnets et peluches portés ou utilisés dans les 48 heures précédentes (les poux meurent au-delà de 50 °C). Pour les textiles non lavables à 60 °C : enfermer dans un sac plastique fermé pendant 72 heures (les poux meurent privés de leur hôte humain). Aspirer canapés, fauteuils, tapis et sièges-auto en contact récent avec la tête. Désinfecter brosses, peignes et accessoires (alcool ou eau à plus de 60 °C, 10 minutes). Pas de désinsectisation chimique de la maison nécessaire : les poux ne survivent pas longtemps dans l'environnement, contrairement aux puces ou aux punaises.
La tolérance pédiatrique guide le choix du traitement. Diméticone autorisée dès 6 mois selon les marques (à vérifier sur la notice). Pyréthrines et perméthrine : dès 2 ans selon les produits. Malathion : réservé adulte et enfant >6 ans en seconde ligne. Huiles essentielles pures proscrites avant 6 ans. Pour les enfants atopiques ou avec lésions de grattage importantes : préférer la diméticone (moins irritante). Vigilance avec les enfants asthmatiques sur les sprays et lotions. Suivre strictement les durées de pose et les précautions de la notice. En cas de doute, demander conseil au pharmacien — formation à l'usage des traitements anti-poux pédiatriques. La barrière cutanée du cuir chevelu peut être soutenue par un baume apaisant post-traitement.
Plusieurs gestes préventifs limitent les transmissions. Cheveux attachés en queue de cheval ou tresse pendant les périodes d'épidémie scolaire. Vérification régulière du cuir chevelu (peignage à sec puis sur cheveux mouillés). Ne pas partager brosses, peignes, bonnets, écharpes, casques, écouteurs. Produits répulsifs à base d'huile de coco, IR3535 ou huile essentielle de lavande (dilution adaptée à l'âge) — efficacité variable, à compléter par la vigilance. Surveillance accrue 2-3 semaines après alerte en classe ou camp. Informer immédiatement l'école et l'entourage en cas d'infestation pour limiter la propagation collective. Compléter avec une cure orale de zinc et de biotine pour soutenir la santé du cuir chevelu chez les enfants à infestations répétées.
Consultation conseillée si : échec après deux cures consécutives bien menées (à J0 et J7-J10), lésions de grattage importantes avec impétiginisation (croûtes mielleuses, suintement), ganglions cervicaux et occipitaux palpables, fièvre, infestations répétées rapidement (à investiguer pour éliminer la source). Le pharmacien est en première ligne pour conseiller le bon traitement et expliquer son utilisation. Le médecin traitant ou le dermatologue intervient en cas de complications, d'infestations résistantes ou de terrains particuliers (eczéma sévère du cuir chevelu, immunodépression, allergie aux pédiculicides). Pour les infestations scolaires collectives persistantes, l'infirmière scolaire et la PMI peuvent apporter un soutien éducatif et organisationnel. Vérifier le calendrier vaccinal de l'enfant à cette occasion.