La dégénérescence maculaire est l'une des maladies oculaires avec la plus forte composante génétique — plus de 50 % de l'héritabilité est attribuable à des variants identifiés. Les principaux gènes impliqués sont CFH (facteur H du complément), ARMS2 et HTRA1, dont les variants à risque sont présents chez 40 à 60 % des patients atteints de DMLA avancée. Avoir un parent direct atteint multiplie le risque par 3 à 4. Cette prédisposition ne détermine pas un destin immuable — les facteurs environnementaux (tabac, alimentation, exposition UV) expliquent la moitié restante et sont modifiables. Un dépistage familial par fond d'œil est recommandé à partir de 50 ans chez les personnes à risque.
Le DHA (acide docosahexaénoïque) constitue 60 % des acides gras des membranes des photorécepteurs maculaires. Sa présence est indispensable à la fluidité membranaire et à la transduction du signal lumineux par les opsines. Des études de cohorte montrent qu'une consommation de poissons gras deux fois par semaine (≥ 500 mg/jour de DHA) est associée à une réduction de 40 % du risque de DMLA avancée. Le DHA sous forme de phospholipides marins (huile de krill) présente une biodisponibilité supérieure de 50 à 60 % par rapport aux triglycérides conventionnels.
Riches en delphinidin-3-rutinoside et cyanidin-3-glucoside, les anthocyanes du cassis (Ribes nigrum) améliorent la microcirculation choroïdienne en réduisant l'agrégation plaquettaire et l'adhérence des leucocytes à l'endothélium vasculaire. Leur activité anti-VEGF in vitro inhibe la néovascularisation choroïdienne — mécanisme pertinent dans la forme humide. Des études japonaises (Nakaishi et al., 2000) montrent une amélioration de l'acuité visuelle et de la vision nocturne avec 50 mg/jour d'extrait standardisé. Leur combinaison avec la lutéine et la zéaxanthine dans les compléments oculaires est synergique.
Les drusen — dépôts de protéines oxydées et de lipides sous la rétine — sont la signature précoce de la DMLA sèche. La curcumine du curcuma inhibe NF-kB dans les cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien et réduit l'expression des gènes du complément (CFH, C3) impliqués dans leur formation. L'EGCG du thé vert inhibe les MMP qui dégradent la membrane de Bruch, couche structurelle dont l'altération initie la formation des drusen — sa biodisponibilité rétinienne après administration orale est documentée par imagerie in vivo.
Des taux bas de vitamine D sérique (< 20 ng/mL) sont associés à un risque accru de DMLA et à une progression plus rapide de la forme sèche. Les récepteurs VDR de la vitamine D3 sont exprimés dans les cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien — leur activation régule les gènes de l'inflammation locale et de la réponse du complément. Une méta-analyse (Yi et al., 2021) confirme une association inverse significative entre taux de vitamine D et risque de DMLA. Apport préventif : 2 000 à 4 000 UI/jour — à doser avant toute supplémentation prolongée.
La DMLA et les maladies cardiovasculaires partagent les mêmes mécanismes — athérosclérose des vaisseaux choroïdiens, inflammation de bas grade, stress oxydatif chronique. L'hypertension augmente le risque de DMLA néovasculaire de 30 à 50 % selon les méta-analyses, en fragilisant les parois des néovaisseaux sous-rétiniens. Le contrôle de la tension artérielle, du cholestérol LDL et de la glycémie fait partie intégrante de la prise en charge préventive. La page DMLA détaille la formule AREDS2 et les actifs complémentaires pour chaque stade de la maladie.