Le cheveu est une structure protéique vivante dont la qualité dépend directement de l'apport en macro et micronutriments. Composé à plus de 90 % de kératine (protéine fibreuse riche en acides aminés soufrés), il nécessite un apport constant en briques de construction (protéines, acides aminés) et en cofacteurs (vitamines du groupe B, fer, zinc, cuivre, sélénium, silicium). À distinguer des soins topiques en fortifiant cheveux qui agissent en surface : la nutrition agit de l'intérieur via le bulbe. Les carences nutritionnelles sont une cause fréquente d'alopécie diffuse et de chute saisonnière prolongée.
L'apport protéique conditionne la synthèse de kératine :
Pour les déficits avérés, cure d'acides aminés soufrés en gélules (cystine + méthionine) sur 3 à 6 mois en complément alimentaire.
Plusieurs oligoéléments jouent un rôle clé. Le fer (et la ferritine, sa forme de réserve) est cofacteur majeur de la pousse — sa carence est la première cause de chute diffuse chez la femme menstruée et le végétarien. Le zinc intervient dans la kératogenèse, la régulation du sébum et la cicatrisation du cuir chevelu. Le cuivre participe à la pigmentation du cheveu et au pontage du collagène. Le sélénium à faible dose (50-100 µg/jour, jamais plus) est cofacteur antioxydant — toxique à hautes doses (chute paradoxale). Le silicium organique renforce la cohésion structurelle de la fibre. Le magnésium régule le stress oxydatif périfolliculaire. Avant supplémentation : bilan biologique pour identifier les carences réelles (NFS, ferritine, zinc plasmatique).
Plusieurs formulations couvrent les besoins :
Cures de 3 à 6 mois renouvelables pour observer un effet visible (cycle de pousse du cheveu = 3 mois minimum).
L'assiette quotidienne reste la première source de nutrition capillaire. Œufs (jaune et blanc) : protéines de référence + biotine endogène + sélénium. Poissons gras (saumon, sardines, maquereaux, harengs) 2 à 3 fois par semaine : oméga-3 + vitamine D + protéines. Viandes maigres et abats (foie, rognons) en sources de fer héminique très assimilable. Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) en sources de fer non héminique (associer à de la vitamine C pour absorption). Fruits secs et oléagineux : noix, amandes, noix du Brésil (1-2/jour pour le sélénium), graines de tournesol pour la vitamine E. Légumes verts (épinards, brocoli, blettes) pour folates et vitamines du groupe B. Fruits rouges et baies riches en antioxydants polyphénoliques. Hydratation 1,5 à 2 litres d'eau par jour.
Plusieurs signes cliniques alertent. Chute de cheveux diffuse persistante au-delà de 6 mois, particulièrement saisonnière qui s'aggrave d'année en année. Cheveux fragilisés (cassants, ternes, sans tenue, qui poussent lentement). Ongles fragiles, dédoublés, striés (cuticules cassantes). Fatigue inhabituelle, essoufflement à l'effort, vertiges (suggérant anémie ferriprive). Pâleur cutanée et conjonctivale. Troubles cognitifs (concentration, mémoire). Bilan biologique orienté : NFS, ferritine (objectif > 70 µg/L pour la femme), zinc plasmatique, vitamine D (25-OH), vitamine B12, folates, bilan thyroïdien (TSH). Selon les résultats, supplémentation ciblée plutôt qu'un complément multivitaminé non personnalisé. Pour les chutes massives ou inexpliquées, consultation dermatologique. Préserver la barrière cutanée en parallèle.
Plusieurs moments-clés bénéficient d'une supplémentation. Automne (septembre-novembre) : cure pré-chute saisonnière, focus biotine + acides aminés soufrés + zinc + vitamine D. Hiver : focus vitamine D (carence quasi systématique en France au-dessus de Lyon), oméga-3, antioxydants. Printemps (mars-mai) : cure pré-chute de printemps, focus fer (si carencé), magnésium, vitamines B. Été : focus antioxydants pré-soleil (vitamine C, vitamine E, caroténoïdes, sélénium) et protéines en cas de chaleurs prolongées (sudation = perte d'oligoéléments). Post-accouchement : cure ciblée de fer, vitamines B, oméga-3 pendant 6 à 12 mois pour limiter l'effluvium télogène du post-partum. Post-régime restrictif : cure de récupération nutritionnelle intensive sur 3-6 mois.
Les régimes végétariens et végétaliens sont compatibles avec une chevelure dense, sous réserve d'attention nutritionnelle accrue. Vitamine B12 : supplémentation indispensable chez le végétalien strict (cyanocobalamine 1000 µg/jour ou méthylcobalamine). Fer : associer systématiquement source végétale (légumineuses, céréales complètes, graines de courge, spiruline) à une source de vitamine C (poivron, agrumes, kiwi) qui multiplie l'absorption par 3 à 4. Éviter le thé et le café aux repas riches en fer (tanins inhibiteurs). Zinc : germe de blé, graines de courge, légumineuses, fruits à coque. Oméga-3 végétaux : graines de lin moulues, graines de chia, noix, huiles de colza et de noix ; supplémentation en EPA/DHA d'origine algale (microalgues Schizochytrium) si conversion alimentaire insuffisante. Protéines complètes : associer céréales + légumineuses au même repas (riz + lentilles, semoule + pois chiches) pour profil aminoacide complet. Marques végétaliennes : Solgar, Nutrimea, Lashilé. Consultation diététique recommandée pour structurer le plan alimentaire.