Les graisses — ou lipides — sont des macronutriments indispensables au fonctionnement de l'organisme. Composées principalement de triglycérides (association de glycérol et de trois acides gras), elles remplissent des fonctions vitales : source d'énergie concentrée (9 kcal/g), absorption des vitamines liposolubles A, D, E et K, protection mécanique des organes, isolation thermique et constitution des membranes cellulaires. Les acides gras sont également des précurseurs hormonaux essentiels, notamment pour les prostaglandines et les hormones stéroïdiennes. Les acides gras essentiels — que l'organisme ne peut pas synthétiser — doivent impérativement être apportés par l'alimentation.
Les lipides alimentaires se classent en quatre grandes familles selon leur structure chimique :
L'impact des lipides sur le système cardiovasculaire dépend étroitement de leur nature. Les graisses insaturées — mono et poly — contribuent à maintenir un profil lipidique favorable en abaissant le LDL et en préservant le HDL. Les huiles de poisson riches en EPA et DHA réduisent les triglycérides sanguins et exercent un effet anti-agrégant plaquettaire documenté. À l'inverse, un apport élevé en graisses saturées et en graisses trans est associé à une augmentation du risque d'athérosclérose, d'infarctus et d'AVC. L'ANSES recommande que les lipides représentent 35 à 40 % de l'apport énergétique total, dont moins de 12 % de saturées.
Les références nutritionnelles françaises (ANSES, 2016) situent les apports optimaux en lipides entre 35 % et 40 % de l'apport énergétique journalier. Pour un adulte consommant 2 000 kcal/jour, cela représente environ 78 à 89 g de lipides. La répartition recommandée est :
Stabiliser la glycémie en associant des lipides de qualité à des glucides complexes optimise l'assimilation des vitamines liposolubles et réduit les pics insuliniques.
Contrairement à une idée reçue tenace, les graisses alimentaires ne sont pas directement responsables de la prise de poids. C'est l'excès calorique global — quelle qu'en soit la source — qui favorise le stockage adipeux. Des études montrent que les régimes incluant une part modérée de graisses insaturées sont au moins aussi efficaces pour la perte de poids durable que les régimes très faibles en graisses, notamment parce que les lipides prolongent la satiété et réduisent les fringales. Un régime amaigrissant bien construit ne supprime pas les graisses mais sélectionne les meilleures sources en limitant les saturées et les trans.
Quelques habitudes simples permettent d'optimiser l'apport en lipides de qualité :
Ces choix favorisent un métabolisme lipidique sain, soutiennent la santé cognitive — les acides gras polyinsaturés contribuent à la fluidité des membranes neuronales — et s'intègrent dans un mode de vie favorisant la gestion du poids et la santé cardiovasculaire à long terme.