Qu'est-ce que la diarrhée aiguë et quelles en sont les causes ?
La diarrhée aiguë est définie par plus de 3 selles liquides par jour pendant moins de 14 jours — au-delà, on parle de diarrhée chronique nécessitant un bilan médical approfondi. Première cause de mortalité infantile dans les pays à faible revenu, elle reste bénigne dans la grande majorité des cas en France grâce à une réhydratation précoce. Notre gamme probiotiques soutient la restauration du microbiote après l'épisode.
- Infections virales (80 % des cas) : norovirus (adultes, collectivités), rotavirus (enfants < 5 ans) — gastro-entérite — voir notre page gastro-entérites
- Infections bactériennes : Salmonella, Campylobacter, E. coli (dont STEC entérohémorragique), Shigella — souvent alimentaires — fièvre + diarrhée ± sang — voir notre page intoxication alimentaire
- Infections parasitaires : Giardia lamblia (eaux de rivière, pays tropicaux), Cryptosporidium (immunodéprimés) — diagnostic par examen parasitologique des selles (EPS)
- Diarrhée du voyageur : E. coli entérotoxinogène (ETEC) dans 50–70 % des cas — apparition brutale dans les 2 semaines suivant l'arrivée dans un pays à risque
- Diarrhée post-antibiotique : dysbiose + Clostridioides difficile (C. diff) dans les formes sévères — diarrhée 4–14 jours après la prise d'antibiotiques
Prise en charge immédiate : réhydratation et traitements
- Solutions de réhydratation orale (SRO) : traitement prioritaire et indispensable — composition OMS (sodium, glucose, potassium) — chez l'enfant : SRO pédiatriques (Picolite, Hydralin) en petites quantités fréquentes (5–10 mL/5 min) — ne pas substituer par eau pure, soda, jus de fruit ni bouillon salé
- Smectite (Smecta, Imogas) : adsorbant intestinal — fixe les toxines et bactéries — réduit durée et intensité — utilisable dès 2 ans, femme enceinte et allaitante — prendre à distance des autres médicaments
- Lopéramide (Imodium) : ralentisseur du transit — adulte uniquement (interdit < 2 ans) — contre-indiqué si fièvre > 38,5°C, sang dans les selles ou suspicion d'infection invasive
- Saccharomyces boulardii (Ultralevure) : dès les premiers symptômes — réduit la durée de la diarrhée aiguë de 24h en moyenne (méta-analyses) — sûr chez l'enfant et la femme enceinte
- Alimentation : maintenir une alimentation fractionnée dès que possible (riz, banane, compote, pain grillé) — ne jamais mettre à jeun un enfant — reprendre l'alimentation habituelle en 24–48h
Déshydratation chez l'enfant : signes d'alerte et urgences
La déshydratation est la complication principale et la plus dangereuse de la diarrhée aiguë chez l'enfant — à reconnaître et traiter sans délai.
- Déshydratation légère à modérée : soif, bouche sèche, moins d'urines, légère irritabilité — traitement oral par SRO pédiatrique — surveillance à domicile
- Déshydratation sévère : fontanelle enfoncée, yeux creux, pleurs sans larmes, extrémités froides, pouls rapide, conscience altérée → appeler le 15 ou aller aux urgences — réhydratation IV nécessaire
- Nourrisson < 3 mois avec diarrhée : consultation médicale systématique sans délai
- Enfant < 5 ans : perte de poids de 10 % = urgence médicale — peser l'enfant et comparer au poids habituel
- Adultes à risque nécessitant une consultation rapide : > 75 ans, immunodéprimés, diabétiques, insuffisants rénaux, femmes enceintes
Antibiotiques, cas particuliers et prévention
- Antibiotiques : non recommandés en première intention — prescrits uniquement sur coproculture positive et antibiogramme — indiqués dans la shigellose, la listériose, le C. difficile sévère, et chez l'immunodéprimé
- Diarrhée du voyageur : azithromycine en antibiothérapie probabiliste si sévère — lopéramide + azithromycine dans les formes modérées — règle des 4C pour la prévention alimentaire
- C. difficile post-antibiotique : métronidazole ou vancomycine orale — ne jamais traiter par lopéramide — probiotiques (S. boulardii) pour prévenir les rechutes
- Prévention : lavage des mains au savon (efficace contre norovirus, plus que les SHA) — hygiène alimentaire — vaccination rotavirus (nourrisson) — voir notre page troubles du transit
- Déclaration obligatoire : shigellose, listériose, TIAC collective → signalement à l'ARS