Le chalazion est la conséquence directe d'une obstruction des glandes de Meibomius — glandes lipidiques enchâssées dans le cartilage tarsien des paupières qui sécrètent la couche lipidique du film lacrymal. Quand leur orifice se bouche, le sébum palpébral s'accumule et provoque une réaction granulomateuse aseptique autour des lipides extravasés. Les facteurs favorisants incluent la rosacée oculaire, la dermatite séborrhéique et — souvent méconnue — la qualité même du sébum palpébral : un sébum trop épais, riche en acides gras saturés, obstrue plus facilement les ostiums qu'un sébum fluide riche en acides gras insaturés. Les blépharites chroniques et les orgelets répétés partagent ce même terrain favorable.
Des études randomisées (Oleñik et al., 2014 ; Bhargava et al., 2013) montrent qu'une supplémentation en oméga-3 DHA/EPA (1 à 3 g/jour pendant 3 à 6 mois) améliore significativement le temps de rupture du film lacrymal (TBUT) et réduit la fréquence des chalazions récidivants chez les patients présentant une dysfonction meibomienne. Le mécanisme est double : les oméga-3 fluidifient les sécrétions lipidiques palpébrales en incorporant des acides gras insaturés dans les phospholipides meibomiens, et exercent une action anti-inflammatoire (inhibition COX-2 et PGE2) réduisant l'obstruction inflammatoire des ostiums.
Le chalazion est histologiquement un granulome lipidique — une réaction inflammatoire chronique organisée autour des lipides extravasés. La curcumine à biodisponibilité améliorée (phytosomes, micelles ou association pipérine) inhibe NF-kB, COX-2 et la voie JAK/STAT dans les macrophages et cellules géantes multinucléées du granulome. Des modèles animaux montrent une réduction significative de la taille du granulome — résultats préliminaires mais cohérents qui justifient la curcumine comme complément d'accompagnement dans les chalazions récidivants.
L'hygiène palpébrale quotidienne est le pilier de la prévention chez les personnes à terrain blépharitique ou rosacéen. La technique : compresse chaude humide à 42-45 °C pendant 5-10 minutes (ramollit les sécrétions solidifiées), massage doux des bords palpébraux pour exprimer les sécrétions de Meibomius, puis nettoyage des cils avec une solution ophtalmo-compatible. L'HE de niaouli diluée à 0,5 % apporte un complément antiseptique actif sur S. epidermidis et les démodex sans irritation cornéenne aux concentrations recommandées.
L'eye-liner et le khôl appliqués au bord libre (waterline) obstruent directement les ostiums meibomiens. Les mascaras et fards à paupières contenant des cires épaissent le sébum palpébral — terrain favorable au bouchon lipidique. Un démaquillage complet et doux chaque soir avec un produit ophtalmo-compatible est indispensable pour émulsionner les résidus lipidiques. Éviter l'eye-liner dans le bord cilié est la mesure préventive la plus efficace pour les personnes sujettes aux récidives.
L'acide hyaluronique (0,1 à 0,3 % en collyre) maintient la stabilité du film lacrymal fragilisé par l'obstruction meibomienne et réduit la sensation de corps étranger pendant le traitement. Il améliore également le confort lors des compresses chaudes quotidiennes. Associé à une routine d'hygiène palpébrale stricte et à une supplémentation en oméga-3, il complète la prise en charge naturelle des chalazions récidivants.