Une verrue plantaire est une excroissance cutanée bénigne située sur la plante du pied, causée par certaines souches du virus du papillome humain (HPV 1 et 2 principalement). Pression du poids du corps oblige, elle se développe vers l'intérieur — d'où sa douleur potentielle à la marche — et présente une surface rugueuse caractéristique avec des petits points noirs (microhémorragies des capillaires thrombosés) qui la distinguent d'un simple cor ou d'un durillon. La contamination se fait par contact direct avec une barrière cutanée fragilisée, en milieu humide partagé (piscines, douches collectives, salles de sport, vestiaires). Voir aussi la page chapeau dédiée aux verrues.
Deux présentations distinctes orientent le traitement :
La myrmécie réagit généralement mieux à un traitement bien conduit que les verrues en mosaïque, plus tenaces.
Le pied porteur impose des contraintes spécifiques. La couche cornée plantaire étant épaisse, les traitements topiques doivent être plus concentrés ou occlusifs pour pénétrer. Protocole-type combiné : trempage du pied 5 à 10 minutes dans de l'eau tiède, limage doux des couches superficielles avec lime à usage unique, application d'acide salicylique 25 à 50 %, pansement occlusif 24 à 48 heures. Renouveler quotidiennement pendant 4 à 12 semaines selon réponse. Les huiles essentielles d'arbre à thé en complément 2 fois par jour soutiennent l'action antivirale locale. Compléter avec une cure de zinc orale pour soutenir l'immunité cutanée.
L'acide salicylique en formulation forte reste le traitement OTC de référence pour les verrues plantaires. Plusieurs présentations : Duofilm en collodion (16,7 % acide salicylique + acide lactique), Pommade Cochon (50 % acide salicylique en pommade occlusive), Verrupan en solution filmogène, Transvercid en patches imprégnés. Le pansement coricide adhésif (Compeed, Mercurochrome) maintient le produit en contact prolongé. Précautions strictes : appliquer uniquement sur la verrue, protéger la peau saine adjacente par un cercle de vernis transparent ou de vaseline, ne pas utiliser sur peau inflammatoire ou diabétique sans avis médical. La centella asiatica apaise la peau périphérique irritée.
La cryothérapie domicile est efficace en alternative ou complément :
Application 1 à 3 fois selon notice, à 2 semaines d'intervalle minimum. Temps de contact strict (10 à 40 secondes). Une bulle se forme dans les heures qui suivent — ne pas la percer. Ne pas utiliser chez l'enfant de moins de 4 ans, le diabétique ou en cas de neuropathie.
La protection de la zone traitée facilite la marche et limite la diffusion virale. Les pansements en mousse ou coussinets en gel de silicone (Compeed, Scholl) répartissent la pression sur la voûte plantaire et soulagent la verrue myrmécie douloureuse. Pour les sportifs, semelles orthopédiques temporaires avec décharge ciblée. Chaussettes de coton changées au moins une fois par jour, séchage minutieux entre les orteils — l'humidité plantaire favorise la diffusion virale et la coexistence avec une mycose du pied. Hydratation de la zone périphérique pour maintenir l'intégrité de la barrière cutanée.
La prévention est cruciale tant pour soi que pour l'entourage. Tongs ou claquettes systématiques aux abords des piscines, douches collectives, vestiaires, salles de sport, tatamis. Couvrir la verrue plantaire par un pansement étanche pendant les bains et baignades. Pas de partage de chaussures, chaussettes, serviettes ou tongs. Désinfection régulière de la baignoire familiale. Sécher soigneusement les pieds après la douche. Pour les sportifs (gymnastes, danseurs, lutteurs) au contact répété avec le sol, redoublement de prudence. Une cure de vitamine C et zinc soutient l'immunité notamment en hiver.
Consultation conseillée si : verrue très douloureuse gênant la marche, verrues nombreuses ou en mosaïque étendue, échec d'un traitement OTC bien conduit après 12 semaines, terrain diabétique (toute lésion plantaire mérite avis), immunodépression, doute diagnostique avec un cor ou une infection. Le podologue peut effectuer un meulage précis et appliquer des traitements professionnels (acide nitrique fumant, azote liquide, immunothérapie). Le dermatologue propose en seconde intention laser CO₂, électrocoagulation ou injections d'immunomodulateurs sur les formes résistantes.