Le soin des plaies regroupe l'ensemble des gestes et dispositifs médicaux utilisés pour nettoyer, désinfecter, protéger et accompagner la cicatrisation d'une effraction cutanée. Au-delà des plaies superficielles soignées à domicile, il englobe les plaies chroniques (ulcères veineux, escarres, mal perforant diabétique) qui nécessitent du matériel spécifique et un suivi infirmier. La pharmacie d'officine met à disposition une gamme étendue de pansements techniques, antiseptiques et accessoires couvrant à la fois les besoins familiaux et la prise en charge professionnelle. Préserver la barrière cutanée environnante reste un objectif transverse.
Plusieurs solutions antiseptiques couvrent les principales indications :
Ne jamais mélanger deux antiseptiques (chlorhexidine + iodés = inactivation mutuelle).
Le choix du pansement dépend de la phase de cicatrisation et du niveau d'exsudat. Les pansements adhésifs simples (Steri-strip, Mepore, Cutiplast) conviennent aux plaies superficielles propres et peu suintantes. Les pansements gras (Jelonet, Adaptic, Mepitel One) en interface tulle vaseliné ou silicone évitent l'adhérence sur les plaies suintantes. Les hydrocolloïdes (Comfeel, Duoderm, Algoplaque) favorisent un milieu humide propice à la cicatrisation, indiqués sur plaies modérément exsudatives. Les alginates (Algosteril, Sorbsan) absorbent les exsudats abondants. Les hydrocellulaires (Allevyn, Mepilex, Biatain) gèrent les plaies très exsudatives. Les hydrogels (Intrasite Gel, Purilon) hydratent les plaies sèches ou nécrotiques. Marques de référence : Coloplast, Convatec, Hartmann, Smith & Nephew, Mölnlycke, Urgo.
Les pansements à l'argent ionique (Acticoat, Aquacel Ag, Urgotul Ag, Mepilex Ag) ajoutent une action antimicrobienne aux propriétés du support — argent argentique ou nano-cristallin libéré progressivement, particulièrement utile sur les plaies à risque infectieux ou chroniques. Les hydrocolloïdes créent un environnement humide qui accélère la cicatrisation, protègent contre l'eau et les frottements, et peuvent rester en place 3 à 7 jours selon le degré de saturation. Indications phares : ampoules, plaies post-extraction, plaies suintantes du bras ou de la jambe, escarres au stade 1-2. Bénéfice : moins de changements de pansement, donc moins de douleur lors du retrait. Plusieurs gammes existent en versions ultrafines pour zones visibles ou articulations.
Le matériel complémentaire structure une trousse efficace :
Les plaies du patient diabétique exigent une vigilance particulière : neuropathie qui masque la douleur, microangiopathie qui ralentit la cicatrisation, terrain infectieux à risque. Le contrôle glycémique reste la base. Le matériel privilégie les pansements à libération prolongée (hydrocolloïdes, hydrocellulaires) pour limiter les manipulations. Les plaies du pied — mal perforant plantaire en particulier — relèvent d'un suivi infirmier et podologique rigoureux, avec décharge mécanique (orthèses, chaussures adaptées). Hydratation quotidienne des zones sèches et des pieds avec des soins relipidants. Toute plaie qui n'évolue pas favorablement en 7 à 10 jours impose une consultation rapide.
La nutrition est un déterminant majeur, particulièrement chez la personne âgée. Les protéines (1 à 1,5 g/kg/jour en plaie chronique) — viandes, poissons, œufs, légumineuses — fournissent les briques de la réparation tissulaire. La vitamine C est le cofacteur indispensable de la synthèse du collagène. Le zinc est un cofacteur enzymatique de la cicatrisation. Les oméga-3 modulent l'inflammation. Une crème cicatrisante à la centella asiatica ou à l'aloe vera complète l'approche locale.
Appliquer alcool à 70° ou eau oxygénée concentrée sur plaie ouverte (cytotoxiques pour le tissu en formation), changer trop fréquemment un pansement qui fonctionne (interruption du processus), laisser un pansement adhésif sur une plaie suintante (macération), mélanger deux antiseptiques (inactivation), négliger la nutrition chez la personne âgée. À éviter aussi : le tabac (réduit la microcirculation et appauvrit l'oxygénation tissulaire), une exposition solaire précoce sur cicatrice fraîche (hyperpigmentation post-inflammatoire). Une plaie qui ne cicatrise pas après 4 à 6 semaines justifie un avis médical pour exploration d'une cause sous-jacente.