Le terme teigne (ou tinea en termes médicaux) désigne une famille de mycoses cutanées causées par des dermatophytes — champignons filamenteux dont les principales espèces sont les Trichophyton, Microsporum et Epidermophyton. Ces champignons se nourrissent de la kératine de la peau, des cheveux et des ongles, ce qui explique leurs localisations préférentielles. À distinguer des infections fongiques à levures (Candida, Malassezia) qui ont d'autres tropismes. La transmission s'effectue par contact direct (humain, animal), partage d'objets contaminés (chaussures, peignes, serviettes) ou contact avec une barrière cutanée fragilisée.
Plusieurs présentations selon la zone du corps colonisée :
Atteintes complémentaires : tinea unguium ou onychomycose de l'ongle, pityriasis versicolor à Malassezia (taches dépigmentées du tronc).
Le traitement repose sur les antifongiques topiques en première intention sur les formes superficielles. Les imidazolés (kétoconazole, miconazole, éconazole, clotrimazole) en crème, gel ou lotion couvrent un large spectre — application 1 à 2 fois par jour pendant 2 à 4 semaines. La terbinafine en crème offre une action fongicide avec une durée souvent plus courte. Le cyclopirox en lotion ou en vernis reste de référence pour les onychomycoses. Application sur peau propre et sèche, débordant légèrement de la zone visible, à poursuivre 1 à 2 semaines après disparition des symptômes pour éviter la récidive. Marques courantes : Lamisil, Pevaryl, Mycohydralin, Daktarin, Locéryl.
La teigne tondante du cuir chevelu touche principalement l'enfant et exige un traitement particulier. Les antifongiques topiques seuls sont insuffisants — un traitement antifongique oral (griséofulvine, terbinafine selon prescription médicale) est généralement nécessaire pour atteindre la racine du cheveu. En complément, shampoings antifongiques au kétoconazole 2 % (Ketoderm) ou ciclopirox olamine (Sebiprox) en application 2 à 3 fois par semaine pendant la durée du traitement oral. Examen et traitement systématique des contacts proches et de l'animal du foyer. Éviction scolaire jusqu'à 48 heures après début du traitement adapté. Compléter avec un zinc en cure pour soutenir l'immunité cutanée.
Les animaux domestiques — chats, chiens, lapins, rongeurs — sont des réservoirs fréquents de dermatophytes zoophiles (Microsporum canis notamment). Les animaux domestiques peuvent transmettre la teigne par contact direct, même sans symptômes apparents. Surveiller leur fourrure (plaques d'alopécie, squames), consulter le vétérinaire en cas de doute pour traitement spécifique. Lavage des mains après tout contact prolongé. Aspirer fréquemment les zones de couchage des animaux et désinfecter brosses, peignes, paniers à l'eau chaude ou à l'aide d'un spray antifongique adapté. Cas particulier des éleveurs et professionnels manipulant des animaux : protection cutanée renforcée avec une barrière cutanée intègre.
Plusieurs actifs naturels à effet antifongique peuvent compléter une routine conventionnelle :
L'enfant représente une population à risque pour les mycoses cutanées : contacts rapprochés en collectivité, animaux de compagnie, fréquentation des piscines et tatamis. Privilégier les antifongiques topiques formulés pour la peau jeune et bien tolérés (terbinafine 1 % dès 12 ans hors avis médical, imidazolés sous contrôle plus tôt). Pour la teigne du cuir chevelu, traitement systémique sur prescription médicale impérative. Toujours examiner et traiter le foyer (parents, fratrie, animaux). Sécher soigneusement la peau après le bain, vêtements amples en coton, chaussettes changées quotidiennement. Apprendre les bons gestes d'hygiène et de prévention.
Consultation conseillée si : extension rapide, lésions multiples ou récurrentes, échec d'un antifongique bien conduit après 3 à 4 semaines, terrain diabétique ou immunodéprimé, atteinte du cuir chevelu (teigne tondante), atteinte unguéale étendue, doute diagnostique (eczéma, psoriasis, dermatite séborrhéique de présentation atypique). Un prélèvement mycologique avec examen direct et culture permet d'identifier l'espèce en cause et d'adapter le traitement, particulièrement pour les formes résistantes ou récidivantes.