Sapin Baumier ou Sapin Balsamier 

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Quelles sont les caractéristiques du Sapin Baumier :

Dénomination latine :

  • Abies balsamea

Famille botanique :

  • Pinaceae

Organes utilisés :

  • Résine, huile essentielle distillée des aiguilles

Un peu d'histoire :

Les Amérindiens utilisaient la gomme de sapin comme remède contre la grippe, le scorbut, les blessures, et pour sceller leurs canots d'écorce.

On appelle « baumier » ce conifère au port noble, seul de sa famille à s’enraciner dans le sol québécois. Le sapin baumier est généreux de sa présence et fiable en toutes saisons. Sa résine collante se loge au sein de petites vésicules qui décorent son écorce, lisse et grisâtre. Et cette résine constitue justement l’une des vertus du sapin baumier : son arôme empreint de bonheur! En effet, son odeur est si exquise qu’elle remplace à elle seule l’arôme de toute une salade de fruits préparée avec amour.

Cet arbre toujours vert s’est aisément mêlé aux autres essences d’arbres qui ont, tout comme lui, choisi la même terre d’accueil à la suite d’une très longue glaciation. On parle ici d’une histoire vieille d’environ 12 000 ans! Le sapin baumier participait si merveilleusement bien à la personnalité forestière du territoire qu’on l’a aussi appelé à juste titre « le roi des forêts ». 

Ce qualificatif n’est certainement pas une parole en l’air qui aurait pu faire son petit bonhomme de chemin hasardeusement. Il est aussi loin de venir uniquement de l’image d’une fête enneigée où le sapin baumier trônait, illuminé, dans notre salon. En réalité, ce titre de haut prestige est un vibrant hommage à cet arbre qui a, au fil du temps et pour toutes les peuplades qui l’ont côtoyées, si bien accompagné la vie sous toutes les formes qui soient. Le sapin baumier s’enracine dans le chemin vers la lumière.

Les Amérindiens ont rapidement initié les colons français aux multiples usages qu'ils faisaient de la gomme de sapin : remède contre la grippe, le scorbut, les coupures et les brûlures, et, dans un autre ordre d'idées, scellant pour divers contenants ainsi que pour les canots d'écorce. Sous le Régime français, la récolte de la gomme de sapin est vite devenue une activité dont les coureurs des bois et les trappeurs ont su tirer un revenu d'appoint saisonnier. La gomme de sapin était l'un des articles essentiels de la médecine populaire des Canadiens français, selon le frère Marie-Victorin, auteur de l’ouvrage de référence La Flore laurentienne. À l'époque de l'intendant Jean Talon, la résine servait également à la fabrication de chaussures et à la construction de bateaux.

Un peu plus tard, elle servira aussi à vernir les violons. En raison de son indice de réfraction de la lumière identique à celui du verre, la gomme de sapin sera très recherchée à travers le monde pour coller les lentilles optiques de haute précision ou pour fabriquer des lamelles de microscope. Cette substance est universellement connue sous le nom de « baume du Canada ». On l'utilise encore aujourd'hui en dentisterie pour le traitement de canal. On en trouve dans certains dentifrices de même que dans des vernis et des peintures.

Au Québec, la récolte artisanale de la gomme de sapin fait encore l'objet d'un petit commerce saisonnier. On en tire la résine qui est vendue localement comme remède naturel et sur les marchés internationaux pour divers usages industriels.

Au chapitre médicinal, on connaît surtout les usages de la térébenthine, substance distillée à partir de la gomme de divers conifères, dont le sapin baumier et le pin. Elle avait l'avantage d'être plus facile d'emploi que la gomme, laquelle a la désagréable caractéristique d'être très collante. On nommait d'ailleurs indifféremment « baume du Canada » ou Terebenthina canadensis (térébenthine du Canada) la gomme et la térébenthine qui en étaient extraites. On leur attribuait aussi les mêmes propriétés.

À la fin du XIXe siècle, on utilisait encore la térébenthine dans les hôpitaux du Québec, comme en témoigne le Traité élémentaire de matière médicale des soeurs de la Providence, dans l'édition de 1890. Excitante et, à hautes doses, purgative, la térébenthine avait une action surtout sur l'appareil urinaire et les muqueuses des voies respiratoires. Elle était très populaire, employée en emplâtre ou en onguent, sur les coupures, les vieux ulcères, les parties affectées de rhumatismes, les douleurs aux reins, etc.

En Europe, on constate que chaque point cardinal s’accompagne d’un arbre emblématique : à l’est le bouleau, au sud le pin, à l’ouest le chêne et au nord le sapin. Ce sont tous des arbres anthropogoniques ayant eu une importance considérable pour les différents peuples habitants ces régions.

Le sapin a jouit de ce statut non seulement dans les contrées nordiques mais également dans des zones plus continentales dont l’altitude élevée est adaptée à ses besoins qui sont les suivants : de la fraîcheur, un terrain acide, beaucoup d’eau, peu de soleil, de l’ombre, du gel (c’est particulièrement vrai du sapin de Sibérie, Abies sibirica). C’est ce qu’indiquait déjà, en partie, Théophraste au IV ème siècle av. J.-C., qui est, parmi les anciens botanistes, celui qui est sans doute le plus précis dans ses observations : « Le pin, qui vient particulièrement beau et grand aux endroits bien exposés, ne vient pas du tout à l’ombre ; en revanche, le sapin très beau à l’ombre, l’est beaucoup moins en plein soleil ».

En tant que conifère, le sapin porte ses aiguilles toute l’année. Il fait partie de ces espèces dites semper virens, dont nombreux sont les représentants (laurier, lierre, yeuse…). Difficile de ne pas remarquer la parure verte du sapin en plein hiver. C’est très certainement pour cette raison qu’il fut associé à un certain nombre de rites marquant le retour du soleil, à proximité du solstice d’hiver. C’est ce que l’on rencontre à travers le culte rendu à Mithra, symbolisant la victoire de la lumière sur l’obscurité néanmoins nécessaire.

Il est alors question de régénération, tant physique que spirituelle. Est-ce donc étonnant si le sapin a été attaché à des rites nuptiaux ? À ce titre, le sapin possède un rôle très actif. Au cœur de l’hiver, il a l’avantage d’être toujours plein de verdeur. Aussi frappait-on les autres arbres avec des branches de sapin afin de souhaiter à ceux-ci qu’ils portent de beaux fruits. On faisait de même avec les femmes, manière de viser le même but : un bel enfant.

Bien d’autres usages rappellent la valeur génésique du sapin. Par exemple, en Allemagne, les jeunes époux portaient en main des branches de sapin ainsi que des bougies. 

Le sapin accompagné du feu des bougies doit immanquablement vous évoquer quelque chose. Des anciens rites, les chrétiens s’accommodèrent. Par exemple, Sol invictus devint peu à peu la fête de la nativité, en relation avec celle du Christ, pourvoyeur de lumière et d’espoir, aux abords de la porte solsticiale ascendante. Qu’importe que le Christ soit né dans une contrée où le sapin ne poussait pas. Il s’agissait alors, à travers l’évangélisation, de coopter l’arbre sacré local pour en faire un avatar christique. Et cela dépend bien entendu des régions.

Dans certaines régions, où le sapin ne pousse pas, c’était une branche de pin qui était décorée le soir de Noël. Premièrement nordique (Suède, Norvège, Russie, Pologne, nord de l’Allemagne, c’est-à-dire là où il poussait originellement), le « sapin de noël » s’est déployé petit à petit à des zones plus méridionales. En France, cette coutume est apparue tardivement, si l’on en croit les sources. Le premier sapin de Noël serait apparu dans la cathédrale de Strasbourg au XVI ème siècle, alors que d’autres ne font remonter cet usage qu’au règne de Louis-Philippe, soit trois siècles plus tard.

Aujourd’hui, beaucoup de sapins de Noël vendus en France ne sont que des épicéas, que l’on retrouve malingres et dépenaillés dès janvier sur les trottoirs, après quelques heures de gloire…
On a aussi fait, un peu, du sapin, un symbole funéraire. Mentionné ici et là comme mitoyen des cimetières (là où ailleurs on plante ifs et cyprès), le bois de cet arbre fut employé dans la fabrication de cercueils, d’où la célèbre allocution : « ça sent le sapin ! » Ce qui paraît anecdotique ne doit pas dissimuler le fait que le sapin entretient avec ses congénères abattus près de lui de très étranges relations.

En effet, lorsqu’un sapin est coupé, sa souche ne meurt pas, mais se couvre « d’une mince couche de tissus vivants, sans produire aucun rejet, c’est-à-dire qu’elle cicatrise spontanément ». La souche fait alors bénéficier aux sapins alentours, par un processus de soudure racinaire, de son propre système racinaire. À travers cet échange, on peut donc affirmer que le sapin utilise la souche pour accroître sa propre énergie. Peut-on dire, par là, qu’il rend une forme d’hommage à son frère mis à bas ?

Si le sapin est très sensible à l’ensoleillement, il semble être également tributaire de la lune. Un arbre n’appréciant pas le soleil devait nécessairement revendiquer une accointance lunaire. C’est ce que nous expose Francis Hallé sans son excellent Plaidoyer pour l’arbre. Ce grand spécialiste des arbres nous explique qu’on a constaté des dissemblances significatives dans la qualité du bois de sapin en fonction de l’époque où il était abattu. Lorsque la coupe a lieu en lune croissante, le bois est plus lourd de 1,7 %. En revanche, lorsqu’elle a lieu en lune descendante, le bois est plus dense de 7,5 % et plus résistant à la pression de 12,6 %. Si le premier chiffre ne porte pas énormément à conséquence, on aura tout lieu de couper un sapin en lune descendante si l’on souhaite en faire du bois de chauffage ou de la charpenterie.Tout ceci semble être attribué à la manière dont se comporte l’eau à l’intérieur du tronc, à la manière des marées assujetties aux mouvements de la lune. Si cette dernière, selon sa position, est un facteur déterminant, il en est d’autres que nous avons déjà nommés : l’ombre, l’humidité, l’acidité du sol, peu de soleil, l’altitude et, peut-être, la latitude.

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