Myrte Myrtus Communis 

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Quelles sont les caractéristiques de la Myrte ?

Dénomination latine :

  • Myrtus communis L.

Famille botanique :

  • Myrtaceae

Organe producteur :

  • Rameaux

Mode d'action connu ou présumé :

  • Propriétés antibiotiques dues aux myrtucommulones

Un peu d'histoire :

Grecs et Romains utilisaient le myrte pour les affections pulmonaires et urinaires.

Au XVIe siècle, "l'eau des anges" était utilisée en lotion cosmétique, comme tonique astringent.

En médecine populaire, le myrte est réputé pour soulager les hémorroïdes, les leucorrhées et les affections pulmonaires. Les feuilles sont traditionnellement prises en infusion comme astringentes et digestives pour traiter la diarrhée. Les fruits sont antiseptiques et stimulants capillaires.

La feuille et les fruits sont des aromates prisés en cuisine.

En Corse et en Sardaigne, on prépare une liqueur de pyrte avec les baies.

Dans les traditions il est dit que le myrte est garant d’éternelle jeunesse s’il est planté par une femme. Que ce soit chez les Perses, les Grecs ou les Romains, c’est un arbre sacré, symbole de Vénus, déesse de l'amour, de la beauté et de la fertilité.

Le myrte est utilisé en cosmétologie pour ses propriétés assainissantes et tonifiantes notamment dans les shampooings antipelliculaires.

Le myrte est très répandu et utilisé dans le monde grec antique et à Rome.

Les couronnes de myrte :

Associé à la déesse de l’amour, Aphrodite, le myrte est de toutes les fêtes, sous forme de couronnes tressées ou de rameaux.

« C'est Vénus qui l'ordonne, et je vous dirai pourquoi. Un jour, nue sur le rivage, elle séchait ses cheveux ruisselants; une troupe de satyres impudiques vient à l'apercevoir; la déesse aussitôt se cache dans le feuillage de myrtes voisins, et échappe ainsi à leurs regards; voilà le souvenir qu'elle veut perpétuer par nos fêtes. » (Ovide, Les Fastes, IV, 139-144)

La demande en couronnes de myrte est telle que le marché aux fleurs d’Athènes s’appelle le « marché aux myrtes» .

En Attique, ses branches servent à tresser des couronnes pour les nouveaux mariés (Aristophane, Oiseaux, 159-161 Pline l’Ancien Histoire naturelle, livre XV,37)

Les vainqueurs de certains jeux se couronnent de myrte : « Deux fois le vainqueur que je chante s'est montré dans cette carrière le front ceint d'un myrte fleuri. Sa première couronne, il l'avait obtenue dans sa jeunesse par sa docilité aux conseils du prudent Orsée qui guidait son char » (PINDARE, Isthmiques, VIII, 67 et aussi IV, 117).

À Athènes les magistrats qui remplissent des fonctions publiques (stratèges, archontes) portent des couronnes de myrte. Ces couronnes, insignes de leur dignité, font d’eux des personnages sacrés et inviolable. À l’assemblée du peuple (ecclesia), tout citoyen qui le désire peut prendre la parole. Il monte alors à la tribune et on le coiffe d’une couronne de myrte, ce qui signifie qu’il est sacré et que l’on ne peut s’en prendre physiquement à lui.

Le myrte est aussi associé de façon plus ponctuelle à Dionysos et aux Enfers. Quand Dionysos descend dans les Enfers pour demander à Hadès de relâcher sa mère, ce dernier lui demande en échange quelque chose à quoi il tient beaucoup. Et le dieu cède le myrte. En souvenir, les initiés aux mystères de Dionysos couronnent leur front de myrte.

Le myrte est aussi présent dans les cérémonies funéraires. Voici, selon Plutarque (Vies parallèles, Aristide), l’ordre de la cérémonie annuelle qui se pratiquait encore de son temps pour les guerriers morts à la bataille de Platée: « Le 16 du mois mémactérion, dès le point du jour, la procession se mettait en marche, précédée d’un trompette qui sonnait la charge. Suivaient des chars remplis de couronnes et de branches de myrte. Derrière s’avançait un taureau noir escorté d’une troupe de jeunes gens qui portaient des parfums, des fioles d’huile et des cruches remplies de lait et de vin, libations ordinaires dans les funérailles. »

Mais le myrte est plus un symbole de vie qu’une plante funèbre et reste « la » plante d’Aphrodite, associé au féminin et à la sexualité.

Pour le héraut lacédémonien du Lysistrata d’Aristophane, le myrte désigne le sexe féminin : « Nous souffrons. Nous marchons par la ville comme si nous portions des lanternes, tout courbés. Car les femmes ne veulent même pas qu’on touche à leur “myrte”, que nous n’ayons tous d’un commun accord fait la paix dans l’Hellade. »

À Rome, le myrte est associé à Venus avec la même symbolique.

La déesse, « haïssant la force, la violence et la guerre plus que tout autre dieu », comme dit Plutarque dans la Vie de Marcellus (traduite par Amyot), la couronne de myrte qui lui est consacrée est en usage dans l’ovation ou petit triomphe, honneur accordé à « ceux qui, sans exploiter les armes, par amiable voie de remontrance ou par éloquence, viennent à bout de leur entreprises ».

Le général qui a obtenu cet honneur entre pacifiquement dans la ville, à pied et aux sons des flutes et hautbois, portant une couronne de myrte (et non de laurier comme pour le triomphe).

Durant une large partie de l’Antiquité, le myrte tint une place d’égale valeur à celle de l’olivier ou encore du laurier, même si, avec ce dernier, il a beaucoup perdu de son lustre d’antan (hormis pour les populations auprès desquelles il se localise le plus volontiers).

Ce « prince des végétaux odorants » a eu une grande importance pour la majeure partie des peuples et civilisations qui bordèrent le littoral méridional, puisqu’il pousse à l’état sauvage en Corse, en Italie, au Maghreb, en Égypte, dans la péninsule balkanique, etc. Il a donc entretenu une relation symbiotique avec les territoires ayant abrité les peuples perses, égyptiens et grecs entre autres. Sacré pour les uns, fort apprécié comme cosmétique par les autres, il n’était jusqu’aux juifs où le myrte, très populaire, était convié en compagnie du saule, du cédratier et du palmier-dattier lors de Souccot, la fête hébraïque des récoltes. C’est donc à bon droit qu’il apparaît dans les lignes de l’Ancien Testament, puis, plus tardivement, dans le Coran.

Chez les Grecs, tantôt dédié à Artémis, tantôt à Hadès, quand ça n’est pas à Mars ou à Dionysos, la riche mythologie de cette civilisation nous communique la phytogénèse du myrte : il serait né après une incartade opposant Athéna à la nymphe Myrsiné, qui s’était vantée de pouvoir battre la déesse à la course. Ce qui fut le cas. Par jalousie, Athéna lui infligea une punition, celle de se voir métamorphosée en myrte, ce qui est pour le moins curieux. Athéna a beau incarner idéalement la sagesse, on lui voit parfois adopter, dans les mots tracés par les poètes, des traits typiquement humains (et ça n’est pas l’unique figure du panthéon grec classique à être concernée par ce phénomène). Mais ce que l’on retient avant tout, c’est l’interrelation étroite entre le myrte et la déesse de la jeunesse et de la beauté, savoir Aphrodite.

Prenant conscience de la honte que lui suscitait sa nudité, Aphrodite se réfugia derrière un buisson de myrte qui devint dès lors l’un des nombreux attributs, avec le coing et la rose, à orner son chariot et à l’accompagner dans les représentations picturales. L’on dit – Ovide dans Les Fastes – que c’est en cherchant à se dérober à la concupiscence des satyres qu’Aphrodite trouva abri dans les rameaux touffus d’un myrte, ce qui inverse de beaucoup le symbolisme de la déesse et du myrte, surtout lorsqu’on la voit fuir comme une vierge effarouchée, alors que ses prérogatives de prédilection restent avant tout la séduction et l’amour, quand bien même il est vrai que, parfois, la virginité fait partie du lot, tel qu’on peut le constater aussi bien en Grèce qu’en Europe de l’Est.

Malgré ce cas particulier, très fréquemment, dans les écrits antiques, dès lors qu’on mentionne le myrte dans le texte, ce n’est jamais par un effet du hasard ou un élément de décor, cela annonce généralement que cela va « chauffer », mais que la pudeur du poète, grec surtout, lui interdit de détailler précisément l’action amoureuse et sexuelle qui va se dérouler. Par exemple, c’est Mentor, précepteur de Télémaque (le fils d’Ulysse), qui l’arrache à l’île de Calypso, « puissamment secondée par Vénus, qui amène Cupidon dans l’île avec l’ordre de percer de ses flèches le cœur de Télémaque.

Parce que, en effet, « plus spécialement dédié à Vénus, le myrte était censé posséder la vertu de faire naître l’amour, mais aussi et surtout de l’entretenir, et en gage de fidélité, les époux en étaient couronnés ». Et ce qui se faisait à Rome se perpétua longtemps après, puisque, jusqu’à tout récemment, dans le sud de la France, il était de coutume d’agripper une couronne de rameaux de myrte à la porte d’entrée des jeunes mariés. C’est à l’amour encore que sont conviés les parfums que l’on élabore sous les auspices de la planète Vénus et du Soleil, ou encore ce myrtidanum, « eau qui avait pour base le myrte et qu’on croyait avoir la propriété de conserver les charmes », ce qui n’est pas de loin de remémorer ce qu’avait affirmé le médecin et botaniste français Pierre Joseph Garidel (1658-1737) au début du XVIII ème siècle, s’inspirant sans doute d’un tonique astringent très prisé des femmes grecques et italienne, l’eau d’ange. Si décriée, cette préparation prévoyait non seulement de « lutter contre les premiers signes de maturité en redonnant fraîcheur et jeunesse à la peau », mais également toute leur tonicité à certaines membranes, vaginales et utérines entre autres. Une macération de baies de myrte bien mûres dans l’eau-de-vie était capable d’un tel prodige.

Mais « le myrte, consacré à Vénus, n’offre, quoi qu’en dise Garidel, qu’une ressource bien illusoire pour effacer les traces ineffaçables du culte de cette déesse ». Si cela vaut pour la sphère gynécologique, il serait faux d’affirmer péremptoirement que le myrte n’exerce aucune action sur la peau du visage en particulier, estompant les rides et redonnant de l’éclat aux peaux ternes et fatiguées, ce qui est bien dans les attributions de la divine Kypris. C’est donc sans surprise qu’on voit le myrte participer aux cérémonies orgiaques et funéraires (où les femmes mariées se rendaient couronnées de myrte) organisées chaque printemps en souvenir de la mort du protégé d’Aphrodite, Adonis, – lequel incarne la prime jeunesse et l’éternelle beauté.

Également lié à la muse de la poésie lyrique et érotique Érato et au dieu du mariage Hyménée (dont les noms rendent bien compte des symboliques que nous avons listées jusque-là), le myrte était aussi convié lors des fêtes d’Éleusis. Les prêtresses et les prêtres se couronnaient d’if et de myrte dans les temples dédiés à Déméter et à Perséphone.

Le myrte se prêtait encore à de bien curieux usages. Par exemple, en Allemagne, histoire de contredire ce que nous venons d’exposer à propos des vertus amoureuses du myrte, « si une jeune fille plante du myrte de sa propre initiative, elle risque fort de rester vieille fille ». Les symbolisme s’inversent, de même qu’à travers cette autre anecdote : à Rome, le 23 avril, se tenait la fête des filles de joie qui, comme Vénus Erycina leur patronne, se paraient de roses et de myrte à cette occasion. « Est-ce par une réminiscence de cet usage païen, qu’au Moyen-Âge l’on condamnait, dans certains endroits, les femmes publiques, les jeunes filles déshonorées, les juifs, à porter une rose comme signe distinctif ? ». Ce qui était risqué, la rose étant, entre-temps, tombée sous l’égide de la Vierge Marie.

Le myrte est tellement associé au domaine amoureux, qu’il est devenu l’objet d’un jeu en Italie, le jeu de la petite branche verte (giuco del verde) : « C’est pendant le Carême que les amoureux toscans jouent avec les petites branches de myrte, qu’ils ont rompues en deux parties, et qu’ils doivent garder sur eux jusqu’à Pâques, comme gage réciproque de leur fidélité ». Puisqu’on évoque les pratiques ludiques, mentionnons encore cette poudre de badinage composée de marjolaine et de myrte qui avait pour but d’échauffer les filles, et d’autres, plus sérieuses, qui faisaient appel au myrte afin de faire voir en songe la femme qu’un garçon ou un homme veuf était censé épouser, ou bien encore ces pommes d’amour dont le Petit Albert donne la recette.

Malgré tout ces bons points, le myrte s’est parfois vêtu d’oripeaux pour le moins sinistres : « Une légende attribuait les petits trous visibles sur les feuilles de myrte à une vengeance de Phèdre qui les aurait percés dans le temple d’Aphrodite, cette dernière ne lui ayant pas accordé l’amour d’Hippolyte ». Après le décès de l’homme qu’elle aimait, elle se pendit à un myrte (ce qui est difficilement imaginable, vu la frêle stature de cet arbrisseau). Peut-être cela explique-t-il le fait qu’en certaines périodes l’on plaçait des rameaux de myrte dans les cercueils… Pour conjurer cette noirceur de vue, d’après le poète latin Horace, durant les banquets, les Romains se couronnaient d’ache et de myrte. Cette plante représentait l’ornement des festins joyaux : « Les poètes pensaient qu’il activait et nourrissait leur verve, ainsi s’en couronnaient-ils quand ils récitaient leurs poésies ».

Peut-on croire que le myrte ait pu être un symbole de paix ? Pourtant, c’est bien ce qui me semble apparaître à travers l’information suivante : « La plante était entre autres reconnue pour ses propriétés excitantes. Aristophane dans Lysistrata s’en fait d’ailleurs l’écho, lorsqu’il prénomme Μυρρίνη, « branche de myrte », la protagoniste de sa pièce, qui, afin d’obtenir la fin de la guerre, engage les femmes à se refuser à leur mari ». Il s’agit là d’une paix imposée par privation de l’Éros, une anti-Vénus mouchant Mars en quelque sorte.

Cette manière d’opérer est fort différente de celle qu’employaient parfois les généraux « qui, par le pouvoir de la persuasion, par le charme de l’éloquence, et sans presque employer la force, avaient heureusement terminé leurs entreprises. Le triomphateur marchait à pied, en pantoufles, accompagné de joueurs de flûte, et couronné de myrte. La flûte était regardée comme l’instrument de la paix, et le myrte comme l’arbrisseau de Vénus, qui, plus qu’aucune autre divinité, avait en horreur la violence et la guerre ». D’où les images de courage, de gloire, et de puissance associées au myrte.

À ce titre, il était d’ailleurs fort imprudent de passer auprès d’un myrte sans en cueillir un rameau, cette indifférence présageant un signe futur d’impuissance et de mort. Tandis qu’en cueillir régulièrement passait pour un moyen de réaffirmer sa puissance ou bien, peut-être, de susciter l’espérance (l’on sait que planter de part et d’autre de la porte d’entrée d’une habitation deux pieds de myrte assure paix et harmonie aux lieux ainsi protégés).

Après tout cela, comment douter que le myrte ait pu jouer un rôle majeur en médecine ? Tout d’abord, Hippocrate préconisait le bain de myrte afin d’endiguer le cours du sang menstruel chez les femmes, alors que Théophraste donnait la préférence au myrte égyptien, beaucoup plus suave selon lui. Pline, quant à lui, mentionne dans son Histoire naturelle un certain nombre de pratiques qui tiennent plus de la magie que de la médecine proprement dite : les rameaux de myrte devaient expressément être coupés avec un instrument non ferreux. Autre précaution : une fois sectionnés, il ne fallait plus leur faire toucher terre sous aucun prétexte, au risque de voir leurs pouvoirs y retourner. Pline conseillait le contact direct des rameaux à la surface du corps afin qu’ils agissent par contagion. Il disait la baguette de myrte utile à celui qui voyage longtemps, et un anneau tressé de fins rameaux de myrte était considéré comme un heureux viatique.

D’un point de vue strictement médical, Pline indiquait le myrte comme digestif, antisudorifique et astringent, ce qu’il est dans des cas de diarrhée, de leucorrhée et d’hémorragie. Pline savait bien que les feuilles et l’écorce des rameaux, une fois pulvérisées, formaient une poudre « légèrement mordante », et donc que le myrte arrête le sang entre autres. Est-ce d’ailleurs un hasard si des Anciens plus proches de nous temporellement faisaient macérer des rameaux de myrte dans du vin blanc, médecine fort utile contre contusions et hématomes ?

Le myrte, passé complètement inaperçu durant toute la période médiévale, doit patienter jusqu’au XVIe siècle avant qu’un regain d’intérêt se redéploie, en particulier en la personne de Matthiole qui, parce qu’il est d’origine toscane, connaît forcément cet arbrisseau qui borde la Mare nostrum. Pour lui, le myrte est un fortifiant stomacal bienvenu lors d’entérites et d’épisodes dysentériques, un tonique du cœur et un remède des affections cutanées telles que l’érysipèle et les manifestations herpétiques.

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